Création de micro-entreprise : devenir auto-entrepreneur
La création d’une micro-entreprise se fait en ligne, sur le guichet unique des formalités des entreprises tenu par l’INPI, et elle est gratuite dans presque tous les cas. Pas de statuts à rédiger, pas de capital à déposer, pas d’annonce légale : tu déclares ton activité, tu joins quelques pièces, et tu reçois ton numéro SIREN. Voici comment devenir auto-entrepreneur étape par étape, ce que ça coûte, combien de temps ça prend, et ce qui ne te concerne pas, comme le Kbis dans la plupart des cas.
Les règles sont celles en vigueur en 2026, vérifiées sur Entreprendre Service Public et sur le site du guichet unique le 30 septembre 2026.
Auto-entrepreneur, micro-entrepreneur, micro-entreprise : de quoi parle-t-on ?
Selon Service-Public, les trois mots désignent la même chose. Micro-entrepreneur est le nom officiel ; auto-entrepreneur est l’ancien nom, que tout le monde emploie encore. La micro-entreprise, c’est l’entreprise elle-même.
Juridiquement, ce n’est pas une forme de société. C’est une entreprise individuelle (EI) qui bénéficie d’un régime fiscal et social simplifié : tu exerces en ton nom propre, tu paies tes cotisations en pourcentage de ce que tu encaisses, et tu n’as pas de bilan à produire. Une personne ne peut avoir qu’une seule entreprise individuelle ; si tu as deux activités, elles vont dans la même micro-entreprise.
Si tu hésites encore entre la micro-entreprise et une société, lis d’abord micro-entreprise, entreprise individuelle ou SASU.
Ce qu’il faut avoir avant de commencer
Service-Public indique que le guichet unique demande quatre choses à toute personne qui fait une formalité :
- avoir au moins 18 ans (entre 16 et 18 ans, un mineur non émancipé peut exercer une activité artisanale ou libérale avec une autorisation parentale, mais pas acheter pour revendre) ;
- une pièce d’identité à jour ;
- un justificatif de domicile ;
- ton numéro de sécurité sociale.
Il te faut aussi quelques décisions prises à l’avance, parce que le formulaire te les demandera :
- La nature de ton activité : commerciale (achat-revente, hébergement), artisanale (production, transformation, réparation) ou libérale (conseil, formation, prestations intellectuelles). Elle décide de ton registre, de tes taux de cotisations et de ton plafond. Si tu ne sais pas où tu te situes, BIC ou BNC t’aide à trancher.
- Si ton activité est réglementée (coiffure, bâtiment, agent immobilier, restauration…), tu dois réunir le diplôme, la qualification ou l’autorisation avant de t’immatriculer, et en joindre la copie.
- L’adresse de ton entreprise, que l’on voit plus bas.
- Le versement libératoire ou non. Le guichet te propose cette option fiscale à la création ; pour savoir si tu y as droit, garde sous la main ton avis d’imposition d’il y a deux ans (ton revenu fiscal de référence). Tout est expliqué dans le versement libératoire.
Si tu peux choisir ta date de début d’activité, prends le début d’un trimestre civil (janvier, avril, juillet ou octobre). L’ACRE court jusqu’à la fin du troisième trimestre civil qui suit ton début d’activité : commencer le 1er juillet t’en donne douze mois, commencer le 3 septembre seulement dix.
Où domicilier ta micro-entreprise ?
Service-Public précise que la domiciliation est obligatoire : c’est l’adresse administrative de ton entreprise, celle qui figurera sur tes factures, tes devis et tes déclarations. Tu dois l’avoir choisie avant l’immatriculation. Pour une entreprise individuelle, on parle d’adresse de domiciliation, pas de siège social (le siège social, c’est pour les sociétés).
Tu as plusieurs possibilités :
- Chez toi. C’est le choix le plus courant, et il n’est pas limité dans le temps. Il faut être propriétaire ou locataire, que ce soit ta résidence principale, et que ni ton bail, ni le règlement de copropriété, ni les règles d’urbanisme ne l’interdisent.
- Dans une société de domiciliation, un espace de coworking ou une pépinière d’entreprises. Il te faudra alors le SIREN et le nom du domiciliataire au moment de la formalité.
- Dans un local professionnel que tu loues.
Si tu domicilies ton entreprise chez toi, cette adresse est publiée dans les registres, notamment le registre national des entreprises (RNE), et devient consultable par tous. Tu peux demander à l’Insee que ton adresse personnelle ne soit pas diffusée publiquement.
Domicilier ton entreprise chez toi ne veut pas dire y travailler. Si tu y exerces vraiment, seul, sans recevoir de clients ni de marchandises, c’est possible sans autorisation dans une ville de moins de 200 000 habitants. À Paris, dans les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne ou une commune de plus de 200 000 habitants, il faut une autorisation de changement d’usage. Dans tous les cas, tu dois signaler ce changement d’usage aux impôts dans les trois mois qui suivent le début de ton activité.
Créer ta micro-entreprise sur le guichet unique, étape par étape
Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de création passent obligatoirement par le guichet des formalités des entreprises (formalites.entreprises.gouv.fr), tenu par l’INPI. C’est ce que l’on appelle le guichet unique ; il a remplacé les anciens centres de formalités des entreprises. Tu peux faire ta demande au plus tôt un mois avant le début de ton activité, et au plus tard quinze jours après.
- Crée ton compte. Sur le guichet, rubrique « Déclarer », tu crées un identifiant et un mot de passe, ou tu te connectes avec FranceConnect (tes identifiants impots.gouv.fr ou ameli.fr par exemple). Vérifie tes coordonnées : c’est là que le guichet te répondra.
- Choisis « Créer une entreprise ». Le premier écran fixe le cadre de ton dossier : entreprise individuelle, régime de la micro-entreprise, nature de l’activité. Relis-le bien, ces réponses ne sont plus modifiables ensuite.
- Remplis les rubriques. Le formulaire s’adapte à ton cas : ton identité, l’adresse de l’entreprise, la description de l’activité, la date de début, tes options fiscales, dont le versement libératoire. Tu peux enregistrer à tout moment et reprendre plus tard.
- Joins les pièces justificatives, listées dans la section suivante.
- Vérifie la synthèse. Le guichet te présente un récapitulatif et le décompte des frais éventuels. Pour une micro-entreprise, il est à zéro, sauf pour un agent commercial.
- Signe. À la création, selon le guichet unique, une signature électronique simple suffit : un clic sur le bouton prévu. Ton dossier part alors en validation et n’est plus modifiable.
L’INPI propose aussi une application mobile gratuite pour t’accompagner, et les chambres de commerce et d’industrie (CCI) et chambres de métiers et de l’artisanat (CMA) aident gratuitement selon ton activité.
Les pièces à fournir
Pour une micro-entreprise, la liste est courte :
- une copie de ta pièce d’identité ;
- un justificatif de domiciliation de l’entreprise, avec une adresse clairement identifiable (facture d’eau, d’électricité ou de gaz, par exemple) ;
- une déclaration sur l’honneur de non-condamnation et une attestation de filiation, datées et signées ;
- pour une activité réglementée, la copie du diplôme, du titre ou de l’autorisation.
Selon ta situation, d’autres pièces s’ajoutent : l’attestation d’information du conjoint si tu es marié sous le régime de la communauté, le choix de statut du conjoint qui travaille avec toi, un contrat d’appui au projet d’entreprise (Cape) si tu en as signé un, ou le pouvoir signé si quelqu’un fait la démarche à ta place.
Combien coûte la création d’une micro-entreprise ?
Rien, dans la très grande majorité des cas. Les tarifs du guichet unique indiquent que l’utilisation du guichet unique est gratuite, et les frais d’immatriculation sont supprimés pour les micro-entrepreneurs.
| Activité | Registre | Coût de la formalité |
|---|---|---|
| Commerciale | RNE et registre du commerce et des sociétés (RCS) | Gratuit |
| Artisanale | RNE | Gratuit |
| Libérale | RNE | Gratuit |
| Agent commercial | RNE et registre spécial des agents commerciaux (RSAC) | 23,21 € |
À titre de comparaison, selon Service-Public, une entreprise individuelle classique (hors micro) paie 21,74 € pour une activité commerciale et 45 € pour une activité artisanale.
Des sites privés proposent de « créer ta micro-entreprise » contre paiement. Ce sont des services de formalités, pas le guichet officiel : la démarche elle-même est gratuite sur formalites.entreprises.gouv.fr, et tu peux la faire seul en une fois.
Ce qui coûte ensuite, ce n’est pas la création mais l’activité : tes cotisations, en pourcentage de ton chiffre d’affaires, et plus tard la CFE.
Combien de temps ça prend, et que reçois-tu ?
Dès que ton dossier est déposé, le guichet t’envoie un récépissé de dépôt de dossier de création d’entreprise (RDDCE), avec la mention « En attente d’immatriculation ». Ce récépissé te permet déjà d’accomplir tes démarches auprès des organismes publics et privés, par exemple souscrire une assurance professionnelle. Il est valable jusqu’à la confirmation de ton immatriculation, et au maximum un mois.
Si ton dossier est incomplet, le guichet te le dit dans un récépissé qui liste ce qui manque ; tu as alors quinze jours ouvrables pour le compléter.
Une fois l’immatriculation faite, tu reçois un justificatif d’immatriculation au RNE qui porte tes numéros d’identification : ton SIREN et ton code APE, qui correspond à ton activité principale.
SIREN et SIRET
Selon Service-Public, tu n’as aucune démarche à faire pour les obtenir : ils sont attribués automatiquement dès que ton immatriculation est acceptée, et consultables dans ton espace sur le guichet unique.
- Le SIREN (9 chiffres) identifie ton entreprise. Pour un entrepreneur individuel, il est attribué à vie ; il ne disparaît qu’à la cessation d’activité.
- Le SIRET (14 chiffres : le SIREN plus 5 chiffres) identifie ton établissement, c’est-à-dire ton adresse d’activité. Il change si tu déménages ton entreprise.
Ton SIRET doit figurer sur tes factures. Depuis le 1er janvier 2023, l’Insee ne délivre plus de certificat d’inscription : tout se trouve sur le guichet unique, et n’importe qui peut retrouver ton SIREN sur l’Annuaire des entreprises.
Le Kbis : ce qui ne s’applique pas à toi
« Kbis auto-entrepreneur » est l’une des recherches les plus fréquentes, et la réponse surprend : la plupart des auto-entrepreneurs n’ont pas de Kbis, et n’en ont pas besoin.
- Service-Public rappelle que le Kbis prouve l’immatriculation d’une société au registre du commerce et des sociétés. Une micro-entreprise n’est pas une société.
- Si ton activité est commerciale, ta micro-entreprise est inscrite au RCS en plus du RNE. Ton document s’appelle alors un extrait K (le K sans « bis », celui des entreprises individuelles). Il s’obtient en ligne, gratuitement.
- Si ton activité est artisanale ou libérale, tu n’es inscrit qu’au RNE : tu n’as ni Kbis ni extrait K.
Dans tous les cas, ce qui fait foi, c’est le justificatif d’immatriculation au RNE (ou extrait RNE), que l’administration considère comme l’équivalent d’un extrait K ou Kbis. Tu peux le télécharger gratuitement sur l’Annuaire des entreprises. Pour de nombreuses démarches administratives, ton numéro SIREN suffit d’ailleurs.
Une banque, un fournisseur ou un client te demande un Kbis ? Envoie ton justificatif d’immatriculation au RNE, ou ton extrait K si ton activité est commerciale. C’est le document qui prouve que ton entreprise existe.
Créer une micro-entreprise quand on est étranger
Service-Public note que tout dépend de ta nationalité.
- Ressortissant de l’Union européenne, de l’Espace économique européen ou de Suisse : tu crées ta micro-entreprise dans les mêmes conditions qu’un Français, sans titre de séjour. Une carte de séjour « Citoyen UE/EEE/Suisse - Toutes activités professionnelles » peut faciliter certaines démarches, mais elle n’est jamais obligatoire.
- Ressortissant d’un autre pays : exercer en entreprise individuelle, donc en micro-entreprise, suppose de résider en France et d’avoir un titre de séjour qui autorise une activité non salariée. C’est le cas de la carte de séjour « entrepreneur/profession libérale », du passeport talent « porteur de projet », de la carte « recherche d’emploi ou création d’entreprise » après un diplôme français, ou de la carte de résident de longue durée UE.
Un titre de séjour « étudiant » ne permet pas de créer une micro-entreprise en parallèle de tes études : la création d’une entreprise demande un titre qui autorise une activité professionnelle. Vérifie ton titre avant de lancer la démarche.
Au moment de fermer, le guichet te demandera d’ailleurs ce même titre de séjour comme pièce d’identité.
Après l’immatriculation : les premières démarches
Ta micro-entreprise existe. Quelques démarches suivent, dans cet ordre :
- Demander l’ACRE si tu y as droit. Elle n’est pas automatique : selon Service-Public, la demande part à l’URSSAF dans les 60 jours qui suivent le début d’activité. Pour une activité qui démarre à partir du 1er juillet 2026, elle réduit tes cotisations de 25 %. Conditions et démarche dans l’ACRE.
- Déclarer ton chiffre d’affaires chaque mois ou chaque trimestre sur autoentrepreneur.urssaf.fr, même quand il est nul. Service-Public indique que tes cotisations sont un pourcentage de ce que tu as encaissé : 12,3 % pour la vente de marchandises, 21,2 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales, 25,6 % pour les professions libérales non réglementées en 2026. Le détail est dans la déclaration URSSAF.
- Tenir ton livre des recettes, et un registre des achats si tu vends des marchandises. Voir les livres de l’auto-entrepreneur.
- Soigner tes factures, avec la mention de TVA qui convient : par défaut, tu es en franchise en base de TVA. Voir la facture de l’auto-entrepreneur et la TVA de l’auto-entrepreneur.
- Penser à la CFE. Service-Public précise que tu en es exonéré l’année de ta création et ta base est réduite de moitié l’année suivante ; pour en bénéficier, tu déposes la déclaration initiale n° 1447-C-SD auprès de ton service des impôts des entreprises. Voir la CFE de l’auto-entrepreneur.
- Assurer ton activité et prévenir La Poste de ta nouvelle entreprise.
Exercer une activité commerciale, artisanale ou libérale sans être immatriculé au RNE est un délit puni de 7 500 € d’amende. Donner délibérément des informations inexactes lors de l’immatriculation expose à 4 500 € d’amende et six mois d’emprisonnement.
Tu gardes enfin un œil sur ton chiffre d’affaires : le régime de la micro-entreprise s’arrête au-delà de 203 100 € pour le commerce et de 83 600 € pour les services en 2026, s’ils sont dépassés deux années de suite. Tout est dans les plafonds de l’auto-entrepreneur.
Créer ta micro-entreprise te prend une soirée et ne te coûte rien : garde ton énergie pour tes premiers clients.
💜💙 Ton équipe BravoLisa
Cet article est fourni à titre d’information générale et ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou comptable. Chaque situation est différente — consulte un professionnel qualifié (expert-comptable, conseiller fiscal ou avocat) pour un avis adapté à ta situation. BravoLisa décline toute responsabilité pour les décisions prises sur la base de ces informations.
Sources (16)
- Entreprendre Service Public — Comment devenir micro-entrepreneur ?
- Entreprendre Service Public — Création d'entreprise : formalités d'immatriculation d'une micro-entreprise (auto-entrepreneur)
- Entreprendre Service Public — Quel est le coût des formalités de création d'une entreprise individuelle (EI) ?
- Entreprendre Service Public — Création, modification ou cessation d'activité : à qui faut-il s'adresser ?
- Entreprendre Service Public — Comment obtenir un numéro Siren ou un Siret ?
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- Entreprendre Service Public — Cotisation foncière des entreprises (CFE)
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