BIC ou BNC : micro-BIC ou micro-BNC pour l'auto-entrepreneur
BIC ou BNC : c’est la première question fiscale d’un auto-entrepreneur, et elle décide de presque tout le reste. Selon que ton activité relève des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou des bénéfices non commerciaux (BNC), tu n’as pas le même abattement sur ton chiffre d’affaires, pas le même plafond et pas le même taux de cotisations URSSAF. Voici comment reconnaître ta catégorie, ce que change le micro-BIC ou le micro-BNC, et les réponses courtes pour les métiers qui posent le plus de questions.
Les règles et les chiffres sont ceux en vigueur en 2026, vérifiés sur Service Public Entreprendre et le BOFiP le 30 septembre 2026.
BIC et BNC, qu’est-ce que c’est
Ce sont deux catégories de revenus de l’impôt sur le revenu. Le régime de la micro-entreprise (l’administration parle de micro-entrepreneur, le nom officiel de l’auto-entrepreneur) les traite chacune à sa façon.
- Les BIC sont les bénéfices des professions commerciales, industrielles ou artisanales : vendre des marchandises, fabriquer, réparer, transporter, héberger, louer un meublé. Au régime micro, on parle de micro-BIC (article 50-0 du CGI).
- Les BNC sont les bénéfices des activités non commerciales : les professions libérales, et plus largement les activités où ton travail intellectuel ou ton savoir-faire personnel est ce que tu vends. Au régime micro, on parle de micro-BNC, que le CGI appelle le régime déclaratif spécial (article 102 ter). Quand tu lis « régime spécial BNC » sur un formulaire ou dans le BOFiP, c’est le micro-BNC.
Dans les deux cas, le principe est le même : tu ne déduis pas tes frais réels. L’administration applique à ton chiffre d’affaires un abattement forfaitaire censé couvrir tes charges, et le reste s’ajoute aux autres revenus de ton foyer.
Les trois catégories de l’auto-entrepreneur et leurs chiffres
En pratique, l’URSSAF et les impôts découpent l’activité en trois grandes catégories. Chacune a son abattement, son plafond de chiffre d’affaires, son taux de cotisations et son taux de versement libératoire.
| Catégorie | Exemples | Abattement fiscal | Plafond 2026 | Cotisations sociales 2026 | Versement libératoire |
|---|---|---|---|---|---|
| Vente de marchandises, restauration, fourniture de logement (BIC) | Boutique en ligne, revente, vente à emporter, restauration | 71 % | 203 100 € | 12,3 % | 1 % |
| Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) | Plombier, électricien, coiffeur, VTC, réparation | 50 % | 83 600 € | 21,2 % | 1,7 % |
| Prestations de services et professions libérales (BNC) | Consultant, formateur, traducteur, développeur | 34 % | 83 600 € | 25,6 % | 2,2 % |
Deux précisions :
- L’abattement ne peut pas être inférieur à 305 €, quelle que soit la catégorie.
- Les professions libérales réglementées qui cotisent à la CIPAV sont bien en BNC, mais leur taux de cotisations est de 23,2 % en 2026, et 25,4 % avec le versement libératoire.
Les plafonds ont été relevés au 1er janvier 2026 pour la période 2026 à 2028. Ce qui se passe quand tu les dépasses est expliqué dans l’article sur le plafond auto-entrepreneur.
La location meublée a ses propres règles depuis la loi du 19 novembre 2024 : selon l’actualisation des seuils du BOFiP, en 2026, un meublé de tourisme non classé relève d’un plafond de 15 000 € et d’un abattement de 30 %, les autres locations meublées d’un plafond de 83 600 € et d’un abattement de 50 %. Le reste de cet article parle des activités professionnelles.
L’abattement micro-BIC ou micro-BNC, sur un exemple
L’abattement est ce qui rend le choix de catégorie si concret. Prends 40 000 € de chiffre d’affaires sur l’année, sans versement libératoire :
| Catégorie | Chiffre d’affaires | Abattement | Revenu imposable |
|---|---|---|---|
| Vente (micro-BIC, 71 %) | 40 000 € | 28 400 € | 11 600 € |
| Services BIC (micro-BIC, 50 %) | 40 000 € | 20 000 € | 20 000 € |
| BNC (micro-BNC, 34 %) | 40 000 € | 13 600 € | 26 400 € |
Le revenu imposable s’ajoute aux salaires, pensions et autres revenus de ton foyer, et c’est le barème progressif de l’impôt qui s’applique au total. Tu le reportes sur la déclaration complémentaire 2042-C-PRO : la démarche est détaillée dans l’article sur la déclaration d’impôt 2042-C-PRO.
L’abattement ne joue que sur l’impôt. Les cotisations URSSAF, elles, se calculent sur le chiffre d’affaires brut, avec le taux de ta catégorie.
Un abattement élevé n’est pas un cadeau si tes frais réels sont plus lourds. Un commerçant qui revend avec une marge faible dépense souvent plus de 71 % de ce qu’il encaisse ; un consultant qui travaille depuis chez lui dépense rarement 34 %. L’abattement est une moyenne, pas ta situation.
Comment savoir si ton activité est BIC ou BNC
Ce n’est pas toi qui choisis : la catégorie découle de la nature réelle de ton activité. Le code APE attribué par l’INSEE ou le libellé que tu as saisi au guichet unique donnent une indication, mais c’est ce que tu fais au quotidien qui compte.
Quelques repères pour trancher :
- Tu vends un bien, neuf ou d’occasion, que tu as acheté ou fabriqué ? C’est du BIC, en vente de marchandises.
- Tu travailles de tes mains sur un bien ou un chantier, avec ton outillage et souvent tes fournitures ? C’est une activité artisanale, donc du BIC en prestations de services.
- Tu transportes, tu livres, tu loues du matériel, tu héberges ? C’est une activité commerciale, donc du BIC.
- Ce que le client paie, c’est ton expertise, ton conseil, ton enseignement, ta création intellectuelle ? C’est le plus souvent du BNC.
Le mot « prestation de service » ne suffit pas à répondre. Un auto-entrepreneur en prestation de service peut être en BIC (un plombier, un chauffeur VTC) ou en BNC (un consultant, un formateur). C’est la question de la nature du service qui tranche, pas le fait de vendre du temps.
En cas de doute, regarde comment l’URSSAF a enregistré ton activité : ton espace sur autoentrepreneur.urssaf.fr indique la catégorie dans laquelle tu déclares ton chiffre d’affaires. Si elle ne correspond pas à ce que tu fais vraiment, fais-la corriger avant d’accumuler des déclarations dans la mauvaise case.
Et si tu fais les deux
Tu peux exercer une activité mixte : un artisan qui vend aussi des pièces, un formateur qui vend des livres. Tu déclares alors chaque part dans sa catégorie, chaque mois ou chaque trimestre à l’URSSAF et une fois par an aux impôts, et chaque part reçoit son propre abattement et son propre taux.
Côté plafond, tu dois respecter deux limites à la fois, selon le BOFiP : 203 100 € au total, dont 83 600 € au plus pour la part de prestations de services.
Les métiers qui posent le plus de questions
Des réponses courtes pour les activités que l’on recherche le plus. Si ton métier n’y est pas, les repères de la section précédente s’appliquent.
| Activité | Catégorie habituelle | Abattement |
|---|---|---|
| Électricien, plombier, maçon, peintre en bâtiment | BIC, prestations artisanales | 50 % |
| Coiffeur, esthéticienne | BIC, prestations artisanales | 50 % |
| Chauffeur VTC, coursier, livreur | BIC, prestations commerciales | 50 % |
| E-commerce, revente, vente sur les marchés | BIC, vente de marchandises | 71 % |
| Food truck, vente à emporter | BIC, vente | 71 % |
| Consultant, conseil aux entreprises | BNC | 34 % |
| Formateur, professeur particulier, coach | BNC | 34 % |
| Développeur, traducteur, rédacteur | BNC | 34 % |
| Infirmière libérale, kinésithérapeute, orthophoniste | BNC | 34 % |
L’auto-entrepreneur artisan
Un artisan en micro-entreprise, électricien, plombier ou menuisier, est en BIC, avec l’abattement de 50 % sur ses prestations et le taux de cotisations de 21,2 %. Son plafond est celui des services, 83 600 € en 2026. S’il vend aussi des marchandises sans les poser, il a une activité mixte, et la section précédente s’applique.
Les professions paramédicales
Les infirmières, kinésithérapeutes et autres auxiliaires médicaux libéraux sont en BNC et peuvent relever du micro-BNC pour l’impôt, mais pas du régime de l’auto-entrepreneur : l’URSSAF précise qu’un praticien ou auxiliaire médical ne peut pas être auto-entrepreneur. Leurs cotisations sont celles des praticiens et auxiliaires médicaux, et leur retraite relève de la CARPIMKO. Tout est détaillé dans l’article infirmière libérale en micro-entreprise.
Qui ne peut pas être au micro-BNC
Même avec un chiffre d’affaires sous le plafond, certaines activités non commerciales relèvent d’office du régime réel, la déclaration contrôlée. Le BOFiP cite notamment :
- les officiers publics et ministériels, comme les notaires ou les commissaires de justice ;
- les contribuables qui réalisent habituellement des opérations sur des instruments financiers à terme ;
- les associés de sociétés de personnes ou de sociétés civiles professionnelles, pour leur quote-part.
Autre point souvent mal compris : il n’est plus nécessaire d’être en franchise de TVA pour rester au micro-BNC. Tu peux facturer la TVA et garder ton abattement de 34 %. Les seuils de TVA sont différents des plafonds du régime micro : ils sont expliqués dans l’article sur la TVA de l’auto-entrepreneur.
Ce que la catégorie change encore
La catégorie ne décide pas que de l’abattement. Elle se retrouve partout :
- dans ta déclaration URSSAF, où chaque catégorie a sa ligne et son taux. Elle est expliquée dans l’article sur la déclaration URSSAF de l’auto-entrepreneur ;
- dans le versement libératoire, si tu l’as choisi : 1 %, 1,7 % ou 2,2 % du chiffre d’affaires selon la catégorie, payés avec tes cotisations. Les conditions sont dans l’article sur le versement libératoire ;
- dans ta retraite, parce que tes droits se calculent sur ton chiffre d’affaires après abattement : à chiffre d’affaires égal, les trois catégories ne valident pas les mêmes droits ;
- à la sortie du régime micro, qui ne mène pas au même régime réel : le réel simplifié pour les BIC, la déclaration contrôlée et sa déclaration 2035 pour les BNC. Les deux sont décrits dans l’article sortir du régime micro.
Ces taux et plafonds valent pour les revenus de 2026. Les plafonds sont fixés pour 2026, 2027 et 2028 ; les taux de cotisations, eux, peuvent bouger chaque année.
Savoir si tu es en BIC ou en BNC, c’est connaître la règle du jeu avant la première déclaration : le reste suit tout seul.
💜💙 Ton équipe BravoLisa
Cet article est fourni à titre d’information générale et ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou comptable. Chaque situation est différente — consulte un professionnel qualifié (expert-comptable, conseiller fiscal ou avocat) pour un avis adapté à ta situation. BravoLisa décline toute responsabilité pour les décisions prises sur la base de ces informations.
Sources (9)
- Service Public Entreprendre — Régime fiscal de la micro-entreprise
- Service Public Entreprendre — Imposition du micro-entrepreneur : ce qu'il faut savoir
- Service Public Entreprendre — Cotisations sociales d'un micro-entrepreneur : ce qu'il faut savoir
- Service Public Entreprendre — Fiscalité : quels sont les nouveaux seuils de la micro-entreprise ? (26 février 2026)
- BOFiP — BAREME - BA - BIC - BNC - Seuils des régimes d'imposition (BOI-BAREME-000044)
- BOFiP — BNC - Régime déclaratif spécial - Champ d'application (BOI-BNC-DECLA-20-10)
- BOFiP — BNC - Régime de la déclaration contrôlée - Champ d'application (BOI-BNC-DECLA-10-10)
- BOFiP — Actualisation des seuils et location en meublé (ACTU-2025-00127)
- Légifrance — Code de la sécurité sociale, article L613-7 (régime micro-social)