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Micro-entreprise, EI ou SASU : quel statut choisir ?

SASU ou micro-entreprise, entreprise individuelle ou EURL : la question de la forme juridique arrive vite quand on veut devenir auto-entrepreneur, et les mots se mélangent. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a que deux vrais choix : exercer en ton nom (l’entreprise individuelle, avec ou sans le régime de la micro-entreprise) ou créer une société (SASU ou EURL si tu es seul). Voici ce qui les distingue, dans les mots que tu emploies, les avantages et inconvénients de chacun, et le moment où il devient utile de quitter le régime micro.

Les règles et les chiffres sont ceux en vigueur en 2026, vérifiés sur Entreprendre Service Public et le site du guichet unique le 30 septembre 2026.

Auto-entrepreneur ou micro-entreprise : quelle différence ?

Aucune. Selon Service Public, auto-entrepreneur est l’ancien nom, toujours employé par tout le monde ; micro-entrepreneur est le nom officiel ; la micro-entreprise est l’entreprise elle-même. Les trois désignent la même situation.

Et cette situation n’est pas une forme juridique à part. Service Public le dit ainsi : le micro-entrepreneur est un entrepreneur individuel qui bénéficie d’un régime fiscal et social simplifié. Autrement dit :

  • la forme juridique, c’est l’entreprise individuelle (EI) : tu exerces en ton nom propre, sans créer de personne morale distincte ;
  • le régime, c’est la micro-entreprise : une façon simplifiée de calculer tes impôts et tes cotisations, tant que ton chiffre d’affaires reste sous les plafonds.

C’est pour ça que l’on peut quitter la micro-entreprise sans rien fermer : l’entreprise individuelle continue, seul le régime change.

Les quatre options quand on travaille seul

Pour exercer seul, Service Public cite trois structures : l’entreprise individuelle (avec option possible pour le régime de la micro-entreprise), l’EURL et la SASU. Ce qui donne, en pratique, quatre situations.

Micro-entreprise EI au réel EURL SASU
Forme juridique Entreprise individuelle Entreprise individuelle Société à un associé Société à un associé
Capital social Aucun Aucun Libre Libre
Coût de création Gratuit (sauf agent commercial) 21,74 € (commerce) ou 45 € (artisanat) ; gratuit en libéral 33,83 € + 19,33 € + annonce légale 33,83 € + 19,33 € + annonce légale
Imposition des bénéfices Impôt sur le revenu, sur le chiffre d’affaires moins un abattement Impôt sur le revenu, sur le bénéfice réel ; option IS possible Impôt sur le revenu par défaut ; option IS Impôt sur les sociétés ; option IR temporaire
Régime social du dirigeant Micro-social : un pourcentage du chiffre d’affaires encaissé Travailleur non salarié Travailleur non salarié (gérant associé) Assimilé salarié, s’il se rémunère
Comptabilité Livre des recettes, registre des achats si tu vends Comptabilité complète Comptabilité complète, comptes annuels déposés au greffe Comptabilité complète, comptes annuels déposés au greffe
Plafond de chiffre d’affaires 203 100 € (commerce) ou 83 600 € (services) Aucun Aucun Aucun

Pour une société, les 19,33 € correspondent à la déclaration des bénéficiaires effectifs, obligatoire, et le prix de l’annonce légale s’y ajoute.

La micro-entreprise : avantages et inconvénients

C’est la forme la plus simple pour démarrer seul, et celle que choisit la plupart des gens qui cherchent comment devenir auto-entrepreneur.

Les avantages

  • Une création gratuite et rapide, en ligne, sans statuts, sans capital, sans annonce légale. La démarche est détaillée dans la création d’une micro-entreprise.
  • Des cotisations proportionnelles à ce que tu encaisses. Pas de chiffre d’affaires, pas de cotisations. Selon Service Public, en 2026, le taux est de 12,3 % pour la vente de marchandises, 21,2 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales, 25,6 % pour les professions libérales non réglementées et 23,2 % pour celles qui relèvent de la CIPAV.
  • Un impôt calculé sans comptabilité : selon Service Public, ton chiffre d’affaires, moins un abattement forfaitaire de 71 % (vente), 50 % (prestations de services BIC) ou 34 % (BNC). Tu peux même payer ton impôt en même temps que tes cotisations avec le versement libératoire, sous condition de revenu.
  • Des obligations légères : un livre des recettes, un registre des achats si tu vends des marchandises, pas de bilan. Le détail est dans les livres de l’auto-entrepreneur.
  • Ton patrimoine personnel est protégé, comme pour toute entreprise individuelle : selon Service Public, depuis le 15 mai 2022, ton patrimoine professionnel et ton patrimoine personnel sont séparés automatiquement, et ta résidence principale est protégée de plein droit.

Les inconvénients

  • Tes dépenses réelles ne comptent pas. L’abattement est le même que tu aies peu ou beaucoup de frais. Si tes charges dépassent l’abattement, tu paies des impôts sur de l’argent que tu as dépensé.
  • Un plafond de chiffre d’affaires : 203 100 € pour le commerce, 83 600 € pour les services en 2026. Au-delà, deux années de suite, tu passes au réel. Voir les plafonds de l’auto-entrepreneur.
  • Pas d’associé, pas d’investisseur. Une micro-entreprise n’a pas de capital : tu ne peux pas faire entrer quelqu’un ni lever des fonds comme dans une société.
  • Une protection sociale liée à ce que tu déclares. Tes droits, dont ta retraite, dépendent de tes cotisations, donc de ton chiffre d’affaires. Et le régime micro-social ne donne pas droit aux allocations chômage de France Travail.

La TVA n’est pas une question de forme juridique. Par défaut, un auto-entrepreneur est en franchise en base de TVA, mais c’est un régime de TVA distinct du régime micro, avec ses propres seuils. Voir la TVA de l’auto-entrepreneur.

L’entreprise individuelle au réel

C’est la même entreprise individuelle, sans le régime micro. Tu restes en ton nom propre, mais ton impôt et tes cotisations se calculent sur ton bénéfice réel : tes recettes moins tes charges réelles.

Pour qui ? Pour celui dont les charges sont élevées par rapport à son chiffre d’affaires, ou qui dépasse les plafonds du micro.

  • L’avantage : tu déduis tes vraies dépenses. Exemple : avec 50 000 € de recettes en BNC, le micro retient un abattement de 34 %, soit 17 000 €. Si tes charges réelles sont de 25 000 €, le réel te fait déduire 8 000 € de plus.
  • L’inconvénient : une comptabilité complète, des déclarations annuelles de résultat, et des cotisations de travailleur non salarié qui représentent environ 45 % du revenu d’activité selon Service Public. Les deux premières années, elles sont calculées sur une base forfaitaire, et tu ne paies aucune cotisation pendant les 90 premiers jours d’activité.

L’entrepreneur individuel au réel peut aussi opter pour l’impôt sur les sociétés en demandant à être assimilé à une EURL. Il peut alors se verser une rémunération déductible et percevoir des dividendes. L’option se demande dans les trois premiers mois de l’exercice, et on peut y renoncer pendant 5 ans.

La SASU

La société par actions simplifiée unipersonnelle est une société à un seul associé. Tu en es le président.

Les avantages

  • Le président est assimilé salarié : il relève du régime général de la sécurité sociale, comme un salarié, lorsqu’il est rémunéré pour son mandat.
  • Pas de rémunération, pas de cotisations. Si tu ne te verses pas de salaire, aucune cotisation sociale n’est due.
  • Une responsabilité limitée au montant de tes apports, et un capital libre.
  • La possibilité d’accueillir des associés ou des investisseurs plus tard, en la transformant en SAS.
  • L’impôt sur les sociétés : 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice pour les PME qui remplissent les conditions, 25 % au-delà.

Les inconvénients

  • Des cotisations élevées sur la rémunération : environ 60 % de la rémunération brute selon Service Public, déclarées chaque mois via la déclaration sociale nominative (DSN).
  • Pas d’assurance chômage au titre du mandat de président, même en étant assimilé salarié. Une assurance chômage privée est possible.
  • Une création plus lourde : statuts, dépôt du capital, annonce légale, déclaration des bénéficiaires effectifs.
  • Une gestion plus lourde : comptabilité complète, comptes annuels à approuver dans les 6 mois de la clôture et à déposer au greffe.

L’EURL

L’entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée est l’autre société à un associé. Tu en es le gérant.

  • Le gérant associé est travailleur non salarié, comme un entrepreneur individuel au réel : des cotisations plus basses qu’en SASU pour une même rémunération, mais une protection sociale différente.
  • L’EURL est à l’impôt sur le revenu par défaut, avec une option pour l’impôt sur les sociétés.
  • Ta responsabilité est limitée à tes apports, et la création suit les mêmes étapes qu’une SASU.

L’EURL, c’est une petite SARL. Si un jour tu veux t’associer, elle devient une SARL, comme la SASU devient une SAS.

Comment choisir : les bonnes questions

Ta situation La forme qui s’y prête le plus souvent
Tu testes une activité, ou tu la fais à côté d’un emploi Micro-entreprise
Tes charges sont faibles par rapport à ton chiffre d’affaires Micro-entreprise
Tes charges dépassent l’abattement du micro EI au réel, ou une société
Tu dépasses ou vas dépasser les plafonds du micro EI au réel, EURL ou SASU
Tu veux t’associer ou faire entrer un investisseur SASU (qui deviendra une SAS)
Tu veux la protection sociale du régime général SASU, avec une rémunération

Quelques repères pour trancher :

  • Commence par tes chiffres. Ton chiffre d’affaires attendu et tes charges décident de presque tout. Si tes charges restent sous l’abattement et ton chiffre d’affaires sous le plafond, la micro-entreprise est difficile à battre en simplicité.
  • Regarde tes droits sociaux. En micro-entreprise, peu de chiffre d’affaires veut dire peu de droits. Si tu veux garder une activité en parallèle d’un salaire ou d’allocations chômage, lis auto-entrepreneur, chômage et salariat.
  • Pense à la suite. Tu peux commencer en micro et changer plus tard : c’est le chemin de beaucoup d’auto-entrepreneurs.
  • Fais-toi aider. Les chambres de commerce et d’industrie et les chambres de métiers et de l’artisanat accompagnent gratuitement les créateurs, et un expert-comptable peut comparer les options sur tes propres chiffres. L’assistance du guichet unique, elle, ne donne pas ce type de conseil.

Quand quitter le régime micro ?

Le régime de la micro-entreprise s’arrête de lui-même dans un cas, et tu peux le quitter dans d’autres.

  • Tu dépasses les plafonds deux années de suite : 203 100 € pour le commerce ou 83 600 € pour les services. Le régime cesse de s’appliquer, ton entreprise individuelle passe au réel, sans que tu aies à la fermer.
  • Tes charges réelles dépassent l’abattement forfaitaire, durablement. Tu peux opter pour le régime réel même sous les plafonds.
  • Tu veux t’associer ou investir lourdement : il faut alors une société.

Tout ce qui change en passant au réel, la déclaration contrôlée en BNC, le réel simplifié en BIC, les charges déductibles et ce que tu perds en quittant la micro, est détaillé dans sortir du régime micro.

Passer de la micro-entreprise à une société n’est pas une simple option à cocher. Ta société est une nouvelle entreprise, avec son propre numéro SIREN : en général, tu la crées, puis tu fermes ta micro-entreprise. Les démarches de fermeture sont dans fermer son auto-entreprise.

Il n’y a pas de forme juridique parfaite, seulement celle qui va avec tes chiffres d’aujourd’hui : tu pourras en changer quand ils changeront.
💜💙 Ton équipe BravoLisa

Cet article est fourni à titre d’information générale et ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou comptable. Chaque situation est différente — consulte un professionnel qualifié (expert-comptable, conseiller fiscal ou avocat) pour un avis adapté à ta situation. BravoLisa décline toute responsabilité pour les décisions prises sur la base de ces informations.

Sources (9)

  1. Entreprendre Service Public — Création d'entreprise : choisir la forme juridique de votre entreprise
  2. Entreprendre Service Public — Micro-entrepreneur : ce qu'il faut savoir
  3. Entreprendre Service Public — Entrepreneur individuel (EI) : ce qu'il faut savoir
  4. Entreprendre Service Public — Régime micro-social
  5. Entreprendre Service Public — Régime fiscal de la micro-entreprise
  6. Entreprendre Service Public — Impôt sur les sociétés (IS) : taux, déclaration, paiement
  7. Entreprendre Service Public — Quel est le coût des formalités de création d'une entreprise individuelle (EI) ?
  8. Entreprendre Service Public — Comment devenir micro-entrepreneur ?
  9. Guichet des formalités des entreprises (INPI) — Préparer

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